Le chef Riccardo Chailly a dépoussiéré les Symphonies de Beethoven. Son intégrale serait-elle un nouveau pas nécessaire à la musique classique pour trouver de nouveaux publics ?
Image désuète, guindée, la musique classique souffre d’un désintérêt de la part du grand public. En tout cas en Europe. Absente des foyers, de l’enseignement et des médias, à l’exception de radios dédiées comme Klara ou Musiq’3, sa démocratisation passe inévitablement par l’innovation, tant dans la forme que le fond.
Sortir des routines, c’est ce qu’a souhaité le chef italien Riccardo Chailly. A la tête depuis six ans du plus ancien orchestre du monde, le Gewandhaus, il a souhaité respecter la tradition historique des directeurs musicaux de l’illustre institution de Leipzig et proposer une intégrale des symphonies de Beethoven. Mais différemment.
Le Gewandhaus a joué la musique de Beethoven du temps du compositeur lui-même. Autant dire qu’imposer une lecture nouvelle des symphonies du compositeur allemand ne s’est pas fait sans douleur pour le chef italien. Trois ans et demi ont été nécessaires pour aboutir au résultat que l’on peut écouter sur l’intégrale de 5 CD parue chez Decca. « En l'interprétant comme nous le faisons, Beethoven redevient choquant, intense, original, a confié Riccardo Chailly lors d’une interview. Cela peut sembler facile à obtenir, mais ne l'est pas du tout, puisqu'il n'existe pas un seul orchestre au monde qui la joue ainsi. Tout découle d'un travail approfondi sur les partitions, afin de laisser de côté les mauvaises routines. »
Pour espérer sortir de son ghetto, la musique classique doit s'ouvrir à de nouveaux publics. L'exercice est difficile car il faut la rendre accessible sans craindre de devenir moins digne. Trouvera-t-on un jour ce carrefour magique où puristes et nouveaux publics pourraient se retrouver ?



























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