Keep You Close, dernier opus du groupe anversois, est sorti depuis quelques semaines. Tom Barman, le chanteur, revient pour nous sur la genèse de cet album de la réconciliation.
Avec Keep You Close, dEUS a pour la première fois enregistré deux CD d’affilée avec les mêmes musiciens. Faut-il y voir une preuve de la cohésion du groupe actuel ?
Tom Barman : « Certainement, et du plaisir que nous avons vécu en studio. Ce CD était de très loin le plus agréable à faire depuis Worst Case Scenario. Cette fois, pas de catastrophe ni de rancunes intestines. De plus, nous avons été aidés par une équipe de production extraordinaire. David Bottrill (cf. Tool et Muse, DS), avec qui nous étions déjà embarqués à l’époque de The Ideal Crash, est un bourreau de travail, mais aussi un véritable gentleman, un diplomate apaisant. Il était complété par le nettement plus jeune Adam Noble qui, lorsque nous nous mettions à bâcler le travail, ne prenait pas de gants avec nous ! Une situation avec un ‘bon flic’ et un ‘mauvais flic’ en somme, mais ça fonctionnait. »
Les frictions artistiques, certainement sur les trois premiers CD, étaient un élément essentiel du « son dEUS ». Elles semblent à présent nettement moins exprimées. Cela a-t-il un rapport avec le fait de vieillir ?
« Oui. Nous avons atteint l’âge où l’on ne se voile plus la face. Évidemment, on peut toujours rechercher délibérément la friction dans l’espoir que cela donne une musique intéressante, mais ce serait stupide et hypocrite. Car par le passé, ces disputes, qui avaient d'ailleurs rarement à voir avec la musique en soi, étaient crispantes et contreproductives. Non pas que les membres de dEUS soient aujourd’hui toujours d’accord sur tout, mais nous ne nous chamaillons qu’à propos des choses vraiment importantes. »
Cette fois, vous avez pour la première fois fait tous les morceaux ensemble, ce qui a considérablement accru l'implication des membres du groupe. Un processus absorbant ?
« Tout à fait, mais aussi une manière intéressante de travailler. Chaque titre est le résultat d’improvisations collectives et c’est ainsi que se sont créées des choses que nous n’aurions jamais pu imaginer chacun de notre côté. Alan qui, avec ses lignes de basse uniques est la star de l’album, a joué beaucoup de guitare, tandis que Mauro et Stef étaient souvent occupés au clavier. Et tout le monde chantait. Tout était permis, tout était possible, du moment que cela se passait en fonction du morceau. Il a fallu un petit temps avant qu’une direction musicale claire se dessine, mais finalement, nous avons opté pour la cohérence : des titres rythmiques, dansants, avec des refrains catchy. Nous avons également enregistré une série de titres scandaleusement poppy, et quelques trucs groovy très bruts : LCD Soundsystem meets Can, quelque chose comme ça. Fantastique matériel, malheureusement, ça ne collait pas avec le reste et paraîtra donc sur deux maxi à part. »
Et vous, pour ou contre le nouveau dEUS ?
Propos recueillis par Dirk Steenhaut


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